La Pastorala

" La pastorale Maurel a été créée en 1844, au numéro 7 de la rue Nau à Marseille, où se trouvait le siège du Cercle Catholique d'Ouvriers, dirigé par l'Abbé Julien et dont était membre, Antoine Maurel, né en 1815, dans cette ville, et qui fut tour à tour tonnelier, doreur, ouvrier miroitier, comptable puis directeur du dépôt de Mendicité.

Depuis lors, son succès n'a cessé de grandir, suscitant encore de nos jours la création de bien d'autres pastorales qui, bien souvent, empruntent à Maurel ses personnages et ses situations sans pour autant rencontrer auprès des acteurs et du public l'immense ferveur que, chaque année, au temps de Noël, suscitent les représentations de «la Maurel» qui est et qui demeure la Pastorale la plus populaire, tant dans les villages que dans les villes où elle a puissamment contribué à maintenir le goût de la langue maternelle provençale.

La Pastorale c'est l'annonce de la naissance du Christ faite aux bergers, li pastre (d'où : Pastorale), qui préviennent à leur tour les gens du village. On s'étonne, celui-ci doute, un autre hésite, mais chacun en hâte prépare son présent pour le nouveau-né et l'on se met en route pour saluer l'Accouchée. Le voyage, Bethléem est pourtant tout proche, ici même en Provence, est mouvementé. Il y a des arrêts, des embûches, on s'apitoie sur le sort malheureux de l'Aveugle, on redoute le Bohémien... Mais tout ce petit monde enfin se retrouve devant la Sainte Étable, s'émerveille d'y voir l'Enfant-Jésus, lui offre ses présents...

C'est là, semble-t-il,transcrit dans un registre familier, un genre hérité des mystères du Moyen Âge. Antoine Maurel a d'ailleurs intitulé sa pièce : «La pastorale ou le mystère de la Naissance de N.-S. Jésus-Christ".

En fait, comme l'a montré Auguste Brun dans son étude "Les Origines de la Pastorale Marseillaise", les sources de la Pastorale se trouvent tout d'abord dans les chants de Noël provençaux, li Nouvè, comme ceux qu'écrivait au XVIIe siècle, Nicolas Saboly et qui sont demeurés populaires. On découvre en eux les grands motifs de la Pastorale (l'Annonce aux Bergers, les préparatifs, le départ...) et même les motifs secondaires (scènes burlesques des préparatifs, embûches de la route...).

Une autre source s'en trouve dans les Santons représentant la scène de la Nativité, dans les églises d'abord, puis dans les crèches familiales, li Belèn (contraction de Bethléem) où l'on voit accourir devant la Crèche, chargés de leurs présents, les personnages familiers des chants de Noël.

De là naquirent des chants dialogués devant ces scènes où l'on vit des santons articulés, mus comme des marionnettes, qui mimaient des scènes épisodiques de l'Adoration (A consulter avec intérêt l'étude de Ripert, "Les origines de la Crèche provençale et des Santons populaires à Marseille", Édition Tacussel).

Ce sont ces crèches parlantes qui donnèrent à Antoine Maurel, l'idée d'écrire sa Pastorale. Il trancha les fils des marionnettes et remplaça, par des êtres de chair et d'os, les santons de bois ou d'argile.

Mais ce faisant, Maurel eut le bonheur, qui devait assurer le succès durable de son oeuvre, de n'altérer en rien la gaucherie touchante des santons de la crèche ni la tendre fraîcheur d'humbles villageois disant, dans les chants de Noël, leur piété en y mêlant naïvement les soucis et les joies de la vie quotidienne.

Donner aujourd'hui à lire ce texte en français à ceux qui, de plus en plus nombreux et depuis si longtemps, le réclament, permettra sans doute à qui ne connaît pas la belle langue d'oc, si drue et savoureuse dans son dialecte marseillais, de mieux comprendre l'âme des Provençaux qui retrouve là sa fraîcheur naïve et sa pureté originelle.

Si la traduction des chants est donnée ici pour en faciliter la compréhension, il est bien évident que ce n'est que dans leur langue d'origine qu'ils tiennent toute leur saveur et leur beauté et c'est dans cette langue qu'ils doivent être entendus.

La plupart d'entre eux sont enregistrés sur disques, notamment : «La Pastorale Maùrel», Disques Sapern (S.AP202)." Charles Galtier, in : La Pastorale Maurel, Tacussel, 1978.


Santons de Marcel
Carbonel a Marselha

Aqueste tèxte es estat prestat per Joan Pivasset. Grandmercé per son ajuda !
Vaqui la referènci dóu teste : Charles Galtier, in : La Pastorale Maurel,
Tacussel, 1978.

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